CARTEL

LE CARTEL

« Je ne connais pas d’autre pratique du savoir qui permette de saisir le bord infranchissable du réel. Il n’y a que la psychanalyse qui puisse réaliser cette approche du bord du réel. C’est absolument extraordinaire. Cette démarche est instituante : elle fait l’École. Chaque cartellisant fonde l’École quand il s’engage dans ce travail de cartel. Avec Lacan. »1

« Et c’est de pouvoir entrer dans ce même mouvement que permet l’inscription du travail propre à chacun dans le cartel. C’est ainsi que nous entendons l’Acte de fondation du cartel par Lacan : « Pour l’exécution du travail, nous adopterons le principe d’une élaboration soutenue dans un petit groupe.2»3.

Le cartel est le mode original de travail proposé aux psychanalystes et à toutes les personnes intéressées par la psychanalyse. Il s’agit d’un groupe de travail qui repose sur quelques principes de fonctionnement qui ont été définis par Jacques Lacan et qui tiennent compte du rapport spécifique de chacun au savoir qu’il peut élaborer. Quatre participants est le nombre de référence aujourd’hui dans la majorité des cartels. Les rencontres se font à un rythme et selon les modalités qui se décident entre les membres du cartel (rencontres, mails, séances par Skype, etc.). Un cartel est censé durer au plus deux ans.

La création du cartel est l’occasion pour chacun de choisir un sujet de travail: lecture d’un séminaire, élaboration d’un concept ou d’un cas, connexion de la psychanalyse avec d’autres champs… Au sujet de chacun s’ajoute un thème commun qui devient le titre du cartel. Choisi par les cartellisants, le « plus-un » est la personne qui, selon Jacques Lacan, est « chargée de la sélection, de la discussion et de l’issue à réserver au travail de chacun »4. La fonction du plus-un est cruciale pour soutenir avec tact le travail de chaque cartellisant, qui ne donne pas lieu à un produit collectif, mais à des produits singuliers. Il s’agit pour chacun, en fonction du moment de sa relation à la psychanalyse, de produire un savoir singulier et de dégager ce qui peut avoir été modifié de son rapport au savoir analytique.

La commission des cartels de l’ASREEP-NLS est l’organe de référence auquel vous pouvez vous adresser pour entamer un travail en cartel. Une journée annuelle est organisée sur un thème choisi par la commission au cours de laquelle des cartellisants sont invités à présenter leur travail. La commission des cartels rédige un rapport annuel.

La commission des cartels

Notes :

  1. Éditorial de Guy de Villers, Cartello N° 25.
  2. Lacan J., « Acte de fondation », Autres écrits, Paris, Seuil, 1964, p. 129.
  3. Éditorial de Guy de Villers, Cartello N° 25.
  4. Lacan J., « Acte de fondation », Autres écrits, Paris, Seuil, 1964.

 

Journée des cartels, 21 mars 2020 :

« Va savoir…!? Transmission et construction d’un savoir »


 

APPEL À LA CONSTITUTION DE CARTELS

Dans l’acte de fondation de 1964, Jacques Lacan énonce un principe de travail :

« Pour l’exécution du travail, nous adopterons le principe d’une élaboration soutenue dans un petit groupe. Chacun d’eux (nous avons un nom pour désigner ces groupes) se composera de trois personnes au moins, de cinq au plus, quatre est la juste mesure. PLUS UNE chargée de la sélection, de la discussion et de l’issue à réserver au travail de chacun. Après un certain temps de fonctionnement, les éléments d’un groupe se verront proposer de permuter dans un autre.

La charge de direction ne constituera pas une chefferie dont le service rendu se capitaliserait pour l’accès à un grade supérieur, et nul n’aura à se tenir pour rétrogradé de rentrer dans le rang d’un travail de base.

Pour la raison que toute entreprise personnelle remettra son auteur dans les conditions de critique et de contrôle où tout travail à poursuivre sera soumis dans l’École. Ceci n’implique nullement une hiérarchie la tête en bas, mais une organisation circulaire dont le fonctionnement, facile à programmer, s’affermira à l’expérience» (1).

L’ASREEP-NLS, Association membre de la New Lacanian School, a le désir aujourd’hui de soutenir le travail en cartels en Suisse romande et de rendre vivante l’étude de la psychanalyse (2).

Dans ce petit pays, de conception fédéraliste, une commission réunissant cinq membres, un par canton romand, a alors été composée. Ceux-ci ont été appelés à travailler ensemble à cet objectif, chacun dans sa région, selon son style, en choisissant les moyens à engager.

L’ASREEP-NLS invite ainsi chaque membre, ami, et toute personne intéressée, à donner sa véritable importance à ce mode de travail original, pilier de la formation du psychanalyste, soit en constituant des cartels spontanément, soit en annonçant son intérêt auprès des membres de la commission pour être mis en contact avec d’autres. Il s’agira de se mettre au travail autour d’une question à chaque fois singulière, qu’elle soit clinique, politique, en lien avec les thèmes de travail de l’ASREEP-NLS, de la NLS, de PIPOL, ou de l’AMP, ou encore orientée vers la culture. Rappelons qu’aucun savoir préalable n’est requis.

Le bureau de l’ASREEP-NLS et la commission saisiront également les espaces de travail existants de notre association pour relancer cette invitation.

Nous espérons favoriser ainsi une dynamique de travail riche et vivante. Les productions des cartels auront la possibilité d’être présentées à l’occasion de rencontres autour des cartels, ainsi que publiées sur le site de l’ASREEP-NLS dans la rubrique cartels et dans la Newsletter 4+One, l’organe de publication de la NLS. Le catalogue des cartels dans lequel s’inscrit chaque cartel permettra par ailleurs, à qui le souhaite, de lire ce qui cause chacun dans sa recherche pour y trouver d’autres avec lesquels travailler sur certains sujets.

 

  1. Jacques Lacan: Acte de fondation de 1964, Autres écrits, édition du seuil, Paris, page 229
  2. Frank Rollier, http://www.causefreudienne.net/quest-ce-quun-cartel/

 

APPEL AUX CARTELS

« Le cartel est ce lieu de transmission d’un savoir qui fait lien entre chaque sujet et participe de cette grande conversation qu’est notre désir d’être lacanien. »

Hélène Bonnaud, Cartello 1er juin 2014.

Avant de découvrir cette phrase, je considérais que le Cartel avec un grand « C » c’était l’Autre avec un grand « A ». Un Autre parfois inhibant auquel était attribué une soi-disant position de maître du savoir. Un Autre dont il s’agissait de se tenir ni trop près, ni trop loin, juste raisonnablement à l’écart.

La phrase d’Hélène Bonnaud a associé « cartel », « désir », « savoir » à une « grande conversation ». Ce signifiant « grande conversation » a bousculé ma position face au savoir de l’Autre. J’ai pu alors exprimer mon désir de participer à un cartel, prendre la « décision de m’y risquer ». La conversation est ainsi le petit moteur d’un nouage entre désir et savoir…

Il s’est agi d’un mouvement du corps vers les autres, d’une rencontre.

Le cartel, ce lieu de parole où il existe une liberté de dire, de recherche, de créativité, provoque des surprises dont chacun s’enrichit. Les travaux des participants résonnent, nous sommes dans le champ du langage qui percute également l’analyse et ses effets.

Les contributions de chacun bousculent le savoir existant, le trouent, autorisant ainsi un espace nouveau. Il en résulte parfois un gain de savoir et souvent une relance du désir d’apprendre. Il s’agira alors d’envisager de déposer cette production dans l’École comme partie prenante de la « grande conversation ».

Laurence Vollin, Neuchâtel


 

LE SAVOIR NE S’APPREND PAS

Le savoir ne s’apprend pas (1)… Cette petite phrase de Daniel Roy me saisit un jour par surprise au détour d’une lecture, me faisant l’effet d’un « touché, Pussy Cat ! » (2).

Cette phrase en effet suscita en moi différents mouvements inattendus : étonnement, incompréhension, agacement, et enfin un mouvement de joyeuse surprise et d’allégement : elle m’avait permis d’opérer enfin une distinction entre le savoir psychanalytique et le savoir que je m’échinais jusque-là à acquérir. En effet, je concevais le savoir psychanalytique comme déjà établi et à assimiler, en lisant, travaillant, participant à des séminaires, etc… Je m’exaspérais de pas y arriver, ou au contraire, pestais contre la complexité de certains textes ou séminaires. Le savoir pour moi existait, mais était chez l’Autre (chez certains maîtres par exemple).

Je recherchais ainsi un savoir tout ficelé, un savoir tranquille, désubjectivé : un savoir donc débarrassé de toute trace de jouissance, chez moi ou chez l’Autre.

C’est ceci que cette phrase vint ébranler chez moi, creusant un petit trou. Mon parcours d’analyse jusque-là permit que je ne me précipite pas pour le reboucher, mais commence à composer à partir de ce qui m’agite, m’échappe, me questionne. Que je me mette à écrire ma propre composition, dans une articulation entre les textes, l’Ecole, les contrôles, mon analyse et mon inconscient.

C’est à partir de là que le travail en cartel devint pour moi un désir décidé, et plus seulement un élément du cursus de formation.

Dominique Tercier, Pully

 

  1. Le savoir de l’enfant, Daniel Roy, Eric Zuliani, ouvrage collectif, Ed. Navarin, 2013.
  2. Tom & Jerry, 1954, William Hanna et Joseph Barbera.

 

Cartels en cours (2019-20)

« Urgence »

  • Plus-un : Alexandra Clerc
  • Nelson Feldman, Violaine Clément, Sandrine Darbellay et Evelyne Aeby-Darbellay
  • Cartel – éclair. Inscrit à la NLS (N°24)

« Elever le dire à la hauteur d’un évènement »

  • Plus-un : Guy de Villers
  • Alexandra Clerc, Violaine Clément, Catherine Stef et Marc Krawczyk
  • Vers le prochain congrès de la NLS. Inscrit à la NLS (N° 15)

« Retour sur la névrose »

  • Plus-un : Jean-Marc Josson
  • Dominique Tercier, Frédéric Pacaud, Juliette Duval et Marie Trémelot
  • Inscrit à la NLS (N°33)

« Construction de cas »

  • Plus-un : René Raggenbass
  • Lidia Sinka, Katarina Nteli, Thomas Rathelot et Sofia Guaraguara
  • En cours d’inscription

« Symptômes contemporains »

  • Plus-un : Nicole Borie
  • Anne Edan, Ludovic Bornand, Sofia Guaraguara, Dominique Martin, (Thomas Rathelot)
  • En cours d’inscription

 

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4+One LA Newsletter des cartels de la NLS - nº4
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