La Suisse, comme le reste de l’Europe, subit de plein fouet une pandémie virale. Le coupable, un virus baptisé Covid-19, de la famille des coronavirus et dont le point de départ de propagation est situé en Chine. Hyper-transmissible, ce dernier s’est répandu comme une traînée de poudre, contaminant très rapidement les gens et saturant ainsi des structures hospitalières déjà fragilisées par une pénurie de personnel ou encore des mesures d’économie. Dans des pays comme l’Italie, le nombre de cas graves fut tel que les médecins ont dû trier les patients susceptibles de survivre et laisser les autres mourir.

Face à cette situation extraordinaire, les gouvernements des différents pays européens ont réagi en instaurant le plus souvent des mesures de suspension de l’activité économique et une mise en quarantaine de la population. Les médias ne cessent de parler de cette thématique et de présenter des statistiques parfois peu claires, renforçant ainsi les risques d’une hystérie (si ce n’est d’une psychose) collective pour la population. Sur les plateaux télé et les réseaux sociaux, les débats font rage en ce qui concerne la dangerosité de ce virus, les traitements possibles et leur scientificité ainsi que l’utilité des mesures de quarantaine.

En France, un éminent médecin spécialiste des maladies infectieuses, le Pr. Didier Raoult, a jeté il y a quelques temps un pavé dans la mare en affirmant que le Covid-19 ne représentait pas à priori un danger apocalyptique pour la population mais également en soutenant qu’un traitement banal utilisé initialement contre le paludisme, l’hydroxychloroquine (molécule dérivée de la quinine qui fut un antipyrétique et un antipaludique dont l’utilisation en Europe remonte au 17e siècle), permettait de lutter efficacement contre le virus plus particulièrement lorsqu’elle est associée à un antibiotique l’azithromycine. Depuis, les controverses fusent autour de cette personnalité, certes hors-norme, mais néanmoins reconnue dans son domaine. Les uns critiquent l’insuffisance de données concernant l’efficacité de ce traitement alors que les autres suggèrent de tester malgré tout cette association de médicaments dès les premiers signes de la maladie et de dépister massivement la population.

Bien qu’on puisse lui reprocher comme à tant d’autres de ne pas avoir su prédire l’ampleur qu’allait prendre la contamination, il est intéressant de s’interroger sur la virulence des critiques dont il fait l’objet. Que lui reproche-t-on ? De sauver des vies ? De refuser le diktat de la peur et son cortège de passages à l’acte (ruée sur le papier-toilette, sur les pâtes et raviolis, actes de racisme anti-asiatiques, vol de matériel de soin dans les hôpitaux) ? De privilégier la recherche de l’efficacité potentielle de traitements connus et disponibles rapidement plutôt qu’investir dans la recherche, aussi coûteuse qu’hasardeuse, d’une nouvelle molécule miracle dont la disponibilité prochaine n’est pas plus garantie que la découverte ? Et par là-même de refuser de suivre une rigidité procédurale apparaissant comme quasi-autistique dans un tel contexte ?

Il serait intéressant de considérer qu’au-delà des enjeux et intérêts économiques ou politiques, le discours de Didier Raoult fait effet car il produit une rupture. Il rompt avec les discours des psittacistes du lieu commun qui n’ont contribué ni à réduire la peur, ni à lutter efficacement contre cette pandémie mais ont plutôt cherché à maintenir leur position de maître, pardon d’experts dans le champ médiatique mainstream, en dépit du non-savoir flagrant dont ils font preuve et qui apparaît évident même pour un profane. Si tant est que les complications respiratoires sont à craindre pour celles et ceux qui subissent le Covid-19, de possibles symptômes de castration semblent à prévoir pour un certain nombre d’autres malades.

La science avance par rupture épistémologique, c’est d’ailleurs à partir d’une rupture avec les discours redondants et stériles qu’un médecin viennois découvrit que l’homme n’est pas maître en la demeure.

* Image: Extrait de la bande dessinée d’Hergé, « Les cigares du pharaon », version rééditée à partir de 1955 (1ère édition 1932), Casterman.