Pourquoi on écrit ?

Pourquoi on chante ?

Pourquoi en plein confinement ?

Cette forme d’écriture s’est imposée à nous, Ludovic Bornand et moi-même, pour rendre compte de la douleur des adolescents, pour saisir la formule de leur détresse, pour témoigner de l’écoute nécessaire à ce que la parole émerge. Peut-être aussi parce que c’est la seule écriture qui peut encore bercer, consoler, émouvoir, et que cela aussi a fait nécessité.

Nous travaillons tous deux à Malatavie, une unité qui accueille et qui prend soin des adolescents pris dans l’engrenage d’un mal-être les conduisant parfois jusqu’à la tentation suicidaire. Nous avons imaginé cette chanson telle une invitation à un large public, à mettre des mots sur un mal-être, à offrir une transition de la tentative de suicide à la tentative de parole, invitant ainsi à la rencontre au un par un.

L’élan de Ludovic Bornand qui un matin est arrivé dans mon bureau en me disant « j’ai écrit une chanson » a rencontré un écho chez moi devant l’évidence de ce message à un grand nombre de jeunes en souffrance. Nous avons alors co-écrit un texte destiné à être mis en musique, soit d’y introduire un rythme et un tempo…

La contingence a fait le reste, une adolescente, Maurine, 17 ans, qui avait déjà participé à une soirée débat, a composé cette musique et nous a offert son interprétation de cette chanson.

Anne Edan, avec la relecture attentive de Ludovic Bornand.