Le Brunch du 28 novembre est reporté. Pour des raisons sanitaires, il ne peut pas avoir lieu. Les membres et amis seront informés de la suite par le bureau.
La présidence. R Raggenbass.

Date : Samedi 28 novembre, 2020  Date en attente !

Lieu : Hôtel Mirabeau, 31, avenue de la Gare, Lausanne

Inscriptions obligatoires :

  • Frais de participation 20 francs (repas) à payer sur place

 

PROGRAMME

10 :00 – 10 :40 : Paola Bolgiani, psychanalyste à Turin, ancienne présidente de la SLP, membre de l’AMP et du centre psychanalytique de traitement des malaises contemporains (Turin)

10 :40 – 11 :20 : Virginie Sauterel

11 :20 – 12 :00 : Bruno Roualdès

12 :00 – 13 :00 : Pause

13 :00 – 13 :40 : Anne-Marie Hoppé

13 :40 – 14 :30 : Flavio Ungarelli

 

ARGUMENT

Tout au long de son enseignement, Lacan a donné au corps un statut, un registre qui se sont déplacés au fur et à mesure de ses avances théoriques. Ainsi tout au début, nous trouvons le corps pris dans les coordonnées imaginaires formalisées dans le stade du miroir. Ensuite, avec le passage à la primauté de l’ordre symbolique, la métaphore paternelle comme point de capiton et l’intrusion du langage dans le corps, nous trouvons le corps symbolique affecté par le langage. Le résultat de cette opération est une perte, « perte de jouissance, » -nous rappelle Anne Lysy1 – « irrécupérable » mais qui est à la fois « constitutive du corps ».

Citons deux séminaires qui se suivent, le séminaire X « L’angoisse », où Lacan élabore une conception de l’objet disjoint du signifiant, l’objet petit a.  L’objet petit a comme résidu de l’opération subjective qui concerne l’Autre. Le séminaire XI, « Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse », reste une référence incontournable où Lacan fait une relecture de la pulsion freudienne et des zones érogènes.

Un nouveau virage est opéré dans les années septante, lorsque Lacan nous propose de substituer au concept d’inconscient celui de parlêtre. Ce néologisme introduit le corps comme “substance jouissante”2. Lacan pose comme condition primaire de la jouissance le vivant et le corps comme son support. Nous assistons avec le séminaire Encore à « une inversion qui vaut par rapport à tout le cheminement de Lacan »3 – comme nous dit J.-A. Miller – « Lacan met en question le concept même du langage »4, il nous propose un nouveau néologisme « lalangue » pour indiquer les effets de résonance du signifiant dans le corps. Ici, la parole est prise « avant son ordonnancement grammaticale et lexicographique »5.

Lacan ne cessera pas d’avancer sur cette question, ainsi il nous dit dans le séminaire XXIII : « Le parlêtre adore son corps, parce qu’il croit qu’il l’a. En réalité, il ne l’a pas, mais son corps est sa seule consistance – consistance mentale, bien entendu, car son corps fout le camp à tout instant »6. Anne Lysy ajoute « Il faut quelque chose pour le faire tenir ».

Ce moment de travail clinique est une invitation à penser le corps dans toutes ces variations, le corps pris dans le discours du maître, de la science qui tente de nommer ce qui l’habite, Que faisons-nous de ce corps parlé par l’Autre ? Qu’en est-il dans la clinique avec les enfants ?

Actuellement, dans ce moment de pandémie, le corps, les corps sont pris dans le discours sanitaire, certes nécessaire, mais qui n’est pas pour autant sans conséquences. Nous avions fait l’expériences des écrans, des téléphones : quelle place ont pris la voix, le regard, la présence et l’absence ? Voilà quelques pistes pour démarrer ce travail d’élaboration et de discussions.

Pour le bureau de l’ASREEP de la NLS, Sandra Pax-Cisternas

 

Bibliographie :

  • Jacques-Alain Miller, « Les six paradigmes de la jouissance »
  • Jacques-Alain Miller, « Conférences l’inconscient et le corps parlant »
  • Anne Lysy, « L’éigme du corps », Revue de la cause freudienne nº 69, À quoi sert un corps ?

 

Notes :

  1. Anne Lysy; « l’énigme du corps », Revue de la cause freudienne nº 69, À quoi sert un corps ?, Paris 2008, pages 7 à 12.
  2. Lacan, J., Séminaire 20, Encore, 1972-73, Paris, Ed. Seuil, 1975, page 26.
  3. Miller, « les six paradigmes de la jouissances », Revue de La Cause Freudienne nº 43, Paris 1999.
  4. Idem.
  5. Idem.
  6. Lacan, Séminaire 23, Le sinthome, 1975-76 Paris, Ed. Seuil, 2005 page 66.