5ème Colloque international du TyA

 

5ème Colloque international du TyA

« Le sexuel et la drogue »
Fonction des addictions face au non-rapport sexuel

 

  • Lundi 27 avril, 2026 – 14h à 18h (Paris)
  • Visioconférence (depuis  l’Ecole de la Cause freudienne)
  • Inscription : 20 € weezevent.com

Argument

Comment considérer la consommation de drogues ? Lacan répond : « il n’y a aucune autre définition de la drogue que celle-ci : c’est ce qui permet de rompre le mariage avec le petit-pipi »1. Considérons donc, avec Lacan, que la drogue a une fonction. A ce titre, elle se présente aux consommateurs comme une solution.

Cette définition éclaire et oriente la pratique psychanalytique dans le champ de la toxicomanie et de l’alcoolisme, qui s’étend aujourd’hui aux addictions – addictions à une substance (drogues, alcools, médicaments…), à une activité (jeux d’argent ou vidéo, pornographie, sexe, sport…) ou combinaisons des deux.

Usages sur fond de non-rapport sexuel

La drogue, l’alcool et les addictions se présentent comme solution, mais à quoi ? Lacan, dans son dernier enseignement, en arrive à poser : Il n’y a pas de rapport sexuel. Cet aphorisme est le thème mis au travail par le XVe congrès de l’Association mondiale de psychanalyse. Il constate qu’à la différence des animaux, pour l’être parlant, plus précisément pour le parlêtre, il n’y a pas de rapport sexuel qui puisse s’écrire, pas de mode d’emploi qui lui dise comment faire couple. Cela n’exclut pas qu’il puisse inventer des modalités relationnelles avec l’autre, toujours sur fond de ce non-rapport. L’amour, par exemple, « donne l’illusion du rapport sexuel »2.

La consommation de drogues et les addictions aux divers objets que multiplie l’essor technique tentent-elles de répondre au rapport sexuel qu’il n’y a pas ? Ces usages sont-ils des prothèses ? Certains interfèrent-ils avec la relation avec un partenaire, voire s’y substituent-ils ? Nouveaux arrangements et conséquences

Comment lire la définition de la drogue par Lacan ? La drogue permet-elle de rompre avec l’organe (le petit-pipi de Hans auquel se réfère Lacan) ? avec le corps ? avec la jouissance phallique ? avec l’effet d’affect, souvent d’angoisse, que produit dans le corps tant la question du désir de l’Autre que les réponses du sujet à celle-ci3 ? Et qu’en est-il de la jouissance au-delà du phallus ? de la jouissance délocalisée ?

La pratique du chemsex, répandue à l’ère contemporaine, entend faciliter l’accession à la jouissance – laquelle ? Quelle satisfaction procurent les pratiques addictives ? À partir de l’indication donnée par Jacques-Alain Miller de la toxicomanie comme « insubordination au service sexuel4 », comment penser le rapport entre la drogue et le sexuel ?

Entre satisfaction et échec, quelles médiations avec l’Autre sexe les addictions permettent-elles à notre époque ? Ruptures, relations, insoumissions, inventions, raboutages, nouages, tresses, épissures… Cette gamme infinie invite l’analyste ou l’intervenant orienté par la psychanalyse lacanienne à préciser, dans sa pratique en cabinet ou en institution de soins, comment considérer chaque solution singulière.

Nous interrogerons, cas par cas, ces nouveaux « arrangements » et leurs conséquences sur le lien social à notre époque, pour repenser notre pratique qui tient compte du non-rapport sexuel.

Le Comité scientifique,

Nicolas Bousoño, Jean-Marc Josson, Pierre Sidon, Jesus Santiago,
coordonné par Fabián Naparstek.

 

Notes:

  1. Lacan J., « Journées des cartels de l’École freudienne de Paris. Séance de clôture » (1976), Pharmakon, n°2, 2016, pharmakondigital.com.
  2. Miller J.-A., « Il y a, il n’y a pas », in Scilicet 2026. Il n’y a pas de rapport sexuel, p. 19.
  3. Cf. « Vers le Congrès AMP 2026 – La rupture avec le phallus », Pharmakon, n°5, 2025, pharmakondigital.com.
  4. Miller J.-A., « La drogue de la parole », Pharmakon, n°5, op. cit.