Séminaire d’introduction à la psychanalyse d’orientation lacanienne · 2023 – 2024

« La clinique des névroses de Freud à Lacan »

Séminaire d’introduction à la psychanalyse d’orientation lacanienne, 2023 – 2024

Programme 2023-2024

3 octobre : Ruzanna Hakobyan, « Introduction au thème des Névroses »

14 novembre : Marie Trémelot, « Les formations de l’inconscient »

5 décembre : Dominique Rudaz, « Le symptôme »

9 janvier : Dominique Rudaz, « Le transfert et le contre-transfert »

6 février : Olivier Clerc, « La formation du désir »

5 mars : Frédéric Pacaud, « L’hystérie : Dora, la Belle Bouchère »

2 avril : Marie Trémelot et Ruzanna Hakobyan, « La névrose obsessionnelle : l’homme aux rats »

7 mai : Juliette Duval, « Le corps dans l’hystérie et la névrose obsessionnelle »

Juin 2024 : Journée de clôture de l’année 2023-2024. Conférence de Ruzanna Hakobyan et présentations cliniques (date et lieu à définir)

Argument

Se familiariser avec la clinique et se l’approprier est une tâche qui nécessite du temps. Pourquoi ? Parce que la psychanalyse n’est pas une pratique fondée sur le sens commun, pas plus que sur l’interprétation instantanée ou sur un quelconque échange entre l’analyste et le patient. Jacques-Alain Miller nous rappelle que durant les présentations de malade de Jacques Lacan, ce dernier n’hésitait pas à interroger le patient sur ses énoncés les plus triviaux : « Quand [le patient] évoque les « formules un », nous savons, nous, qu’il s’agit de voitures de compétition, tandis que Lacan ne le sait pas, lui ne comprend pas, il se fait répéter, expliquer. »1. En effet, il faut du temps pour se défaire du sens.

Mais alors, si c’est ne pas le sens, qu’est-ce qui oriente la clinique ? C’est la logique de la cure, qui est à extraire dans chaque cas. Celle-ci n’est pas seulement une logique statique, immuable, mais elle tient aussi compte des avancées, des progrès dans la cure : elle permet de rendre compte d’une « formalisation dynamique, […] de formaliser ce qui est dit dans la cure, le transitoire de ce qui est dit, de formaliser ce qui se passe »2. Chaque cas a sa propre logique, sa propre évolution. « En psychanalyse, le sujet est absolument singulier, il n’y en a pas deux pareils, il n’y a pas deux analysants pareils »3: à chacun ses formules un !

S’il n’y a donc pas de mode d’emploi tout tracé pour une cure psychanalytique, il existe cependant des boussoles pour orienter la direction de la cure, sans pour autant tomber dans le piège du sens, toujours trop universel, et de la compréhension hâtive.

Pendant cette année de séminaire, nous allons aborder la clinique complexe et labyrinthique des névroses : on suivra les indications précises données par Sigmund Freud à partir de sa propre pratique et développées ultérieurement par Lacan. On en dégagera au fur et à mesure les concepts fondamentaux, ainsi que la logique sous-jacente à chaque cas traité. Le pari étant que ces indications, ces concepts ne sont pas objets inertes – comme aurait pu s’exprimer l’auteur de la Phénoménologie de l’esprit – mais bien opératoires dans la cure des névroses. Ils permettent au praticien de se former davantage à la clinique, tâche jamais achevée, et plus globalement, sont l’une des portes d’entrée à la psychanalyse d’orientation lacanienne pour toute personne ayant le désir d’en franchir le seuil.

Dominique Rudaz

 

Notes: 

  1. Jacques-Alain Miller, Enseignements de la présentation de malades, Intervention faite aux “Journées des mathèmes » de l’École freudienne des 30 et 31 octobre 1976, Ornicar ? n° 10, éd. Lyse, Paris 1977.
  2. Jacques-Alain Miller, “La logique de la cure du Petit Hans selon Lacan”, La Cause freudienne n° 69, Navarin, Paris 2008, pp. 96-112.
  3. Marie-Hélène Brousse, Sur l’Un-dividualisme moderne.