Café Clinique Mars 2026 « Fictions Littorales »
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Café Clinique Mars 2026 « Fictions Littorales »
Samedi 7 mars 2026, Hôtel de la Paix, Lausanne
Avec la participation de Ludovic Bornand, psychanalyste, membre de l’Asreep-NLS et de la NLS.
Présentation de cas cliniques :
- Simon Caviezel
- Nelson Feldmann
- Katia Vartzbed
Argument
Il y a des choses qui ne peuvent se dire. S’il y a des événements dans la vie du sujet qui le laissent perplexe, c’est parce que le langage même résiste1 ; jamais la jouissance ne se laisse traduire entièrement par le signifiant. J.-A. Miller, dans « Partenaire Symptôme », qualifie le terme de fiction chez Lacan par « L’effet de vérité qui est engendré par l’articulation signifiante. Si on change le second signifiant, on touche du même coup à cet effet de fiction. »2. Le concept du littoral3 peut nous servir de boussole pour considérer les fictions dans la clinique. En quoi est-ce que les fictions, avec leur « vérité menteuse4 », peuvent-elles faire barrière à l’insupportable ?
« Entre la jouissance et le savoir, nous dit Lacan, la lettre ferait le littoral.5 ». Cela implique que la vérité « ne peut dire que le semblant sur la jouissance.6 ». Toute parole qui s’engage à dire le réel auquel un sujet s’affronte est alors trompeuse, et en même temps, l’effort même d’articuler en mots ce qui arrive au sujet peut déplacer la jouissance, l’apaiser, l’opposer. L’analyste a dès lors à se faire dupe de cette tromperie foncière qu’est la clinique, accueillant les dits du sujet en leur accordant une place sans pour autant les figer dans une vérité exprimée une fois pour toutes à l’instar du discours du maître. Tel est en effet le paradoxe de l’analyse. D’un côté, tel que l’annonce Patricia Bosquin-Caroz, « le langage est semblant et, au regard du réel, il ne peut que mentir.7 » De l’autre côté, il faut croire que le semblant peut contrer le réel.8 En invitant les personnes à mettre des mots là où auparavant il n’y avait que du silence, nous les incitons à articuler leur rapport le plus singulier à la jouissance.
Programme
- 9h : Accueil
- 9h15 : Mot d’introduction de Ludovic Bornand
- 9h30 : Cas clinique présenté par Simon Caviezel
- 10h20 : Cas clinique présenté par Katia Vartzbed
- 11h10 : Pause-café
- 11h30 : Cas clinique présenté par Nelson Feldmann
- 12h20 : Mot de clôture
Entrée gratuite. Inscriptions :
Notes :
- Lacan, J, « Variantes de la cure-type » dans Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 333. ↑
- Miller, J.-A., « L’orientation Lacanienne, le partenaire-symptôme », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’Université de Paris VIII, cours du 17 décembre 1997. ↑
- Lacan, J., « Lituraterre », dans Autres Écrits, ed. J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2001, p. 14. ↑
- Cf. Bosquin-Caroz, P., « Varité. Les variations de la vérité en psychanalyse », Présentation du thème du Congrès NLS 2026, p. 6. ↑
- Lacan, J., Le Séminaire, livre xviii, éd. J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 117. ↑
- Ibid., p. 146. ↑
- Bosquin-Caroz, P., op. cit., p. 6. ↑
- Miller, J.-A., « En deçà de l’inconscient », La Cause du désir 91, 2015, p. 113: « La psychanalyse a comme perspective, comme ligne d’horizon, le réel en tant que séparé du sens (…) La pratique opérant à partir du sens suppose un rapport (…) du sens au réel. » ↑